Comprendre le véganisme

Mes carences de patience.

Après presque 8 mois de véganisme, je dois vous faire une annonce difficile, je craque. Alors non, je n’ai pas acheté un produit animal par grand manque du goût de chair et de sécrétions (d’ailleurs, dit avec de vrais mots, ça donne pas super faim), je n’ai pas non plus torturé un chaton pour me défouler, je n’ai pas ressenti le besoin de monter sur le dos d’un animal pour le réduire à l’état de moyen de locomotion, et je ne suis pas allé au zoo pour me réjouir de la captivité d’innocents.
En fait, je craque socialement. Les gens me fatiguent. Alors, oui, je sais, je ne fais pas tout comme tout le monde, et je comprends la curiosité et l’incompréhension. Je suis moi aussi humaine, donc la réaction face à l’inconnu n’est en aucun cas un problème. Je ne me vexe pas, je réponds aux questions poliment, j’aime informer et partager. Par contre, devoir me justifier en permanence, ça, c’est plus possible. Faire face à la mauvaise foi, aux moqueries, et surtout à l’ignorance, ça devient plus que lourd.
Si vous êtes végés, vous savez de quel genre de personnes je parle. La personne qui vous demande de justifier votre compassion (en se permettant en plus de faire semblant de s’y connaître en histoire et en nutrition). Cette autre personne qui vous regarde avec pitié et qui vous lâche un « je ne pourrais jamais être végétarien » (je ne t’ai jamais rien demandé, vraiment). On ajoute aussi ceux qui rient, ceux qui disent que « ça sert à rien », qui te disent qu’il y a « des choses plus importantes » (les enfants qui meurent de faim, par exemple, parce que eux qui ne font rien pour personne se permettent de te dire que t’es égoïste de penser qu’aux animaux), que « les légumes sont aussi des êtres vivants » (Sérieusement ?!), et ceux qui te prédisent une mort prochaine. Sans oublier que toutes les personnes que tu croises mangent bio ou local, et connaissent un éleveur gentil (oui, oui, ceux que retrouves une semaine après au supermarché du coin au rayon plats préparés).

A chaque repas avec une nouvelle personne, j’y ai droit.

Le pire, c’est que si je refuse de m’expliquer, ces personnes vont se dire que je m’incline devant leurs arguments à deux balles. C’est si difficile de comprendre que je veux manger mes légumes en paix ? Surtout si c’est pour parler à un mur. Je sais que les gens qui me posent ces questions ont juste envie de me poser une colle, à part certaines exceptions (le bien que ça fait de tomber sur quelqu’un qui écoute réellement mes arguments…) mais j’ai bien bossé mon sujet. Sinon je n’en serais pas là. Vous iriez demander à quelqu’un qui fait de l’humanitaire pourquoi il le fait ? Vous iriez arrêter quelqu’un qui donne à un sdf dans la rue pour qu’il se justifie ? C’est si difficile de voir une logique dans l’envie de causer le moins de souffrance possible ?

Je n’ai pas envie qu’un animal souffre pour moi.

Alors une bonne fois pour toute : la viande ne me manque pas, je ne mange pas de poisson, je vis très bien sans fromage, les œufs sont des ovules et ça me dégoûte, le maquillage végan n’est pas un mythe, je ne porte pas de cuir, ni de fourrure, l’industrie de la laine est cruelle, le miel c’est du vomi d’abeille, les zoos et les cirques me dégoûtent, l’équitation n’est pas un sport mais de l’exploitation, je n’ai aucune carence, et j’aime la bouffe plus que tout. Je ne suis pas parfaite, mais je fais le maximum.

Et, par pitié, ne venez pas me dire que vous aimez les animaux si vous contribuez à leur exploitation. J’aurai peur que vous m’aimiez.

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13 réflexions au sujet de « Mes carences de patience. »

  1. Woah…quel texte sublime ! Je pense tellement ce que tu dis sur tout ses gens et tu as les arguments exacts ! Bravo…

  2. Bonjour! Je ne suis ni végétarienne, ni vegan et je suis tombée sur ton profil IG. Je suis vraiment admirative des personnes comme toi qui se reprennent en main sur leur alimentation. Me concernant, je sais pas si je pourrais devenir végé ou vegan un jour, même si je consomme déjà beaucoup moins de viande qu’il fut un temps, et je trouve ça bien!
    Je comprends pas les personnes « haineuses » envers les végétariens ou les véganiens, tout le monde choisit l’alimentation qu’il veut! Certaines remarques sont vraiment blessantes, certaines personnes ne réfléchissent pas avant de parler on dirait! Après c’est dans les deux sens, certains végé ou vegans sont vraiment extrêmes envers des personnes ne l’étant pas, mais c’est beaucoup plus rare!
    En tout cas, je suis très ouverte culinairement parlant et je pense tester certaines de tes recettes un de ces jours, pourquoi pas!
    Bonne continuation

    1. Merci beaucoup ! 😀
      Je pense que c’est une question de volonté. Moi j’ai eu un déclic violent qui a fait que je suis passée vegane en deux semaines, mais chaque personne voit les choses différemment.
      c’est beaucoup plus rare mais c’est tout aussi ridicule de prôner un message d’empathie avec de la violence. C’est comme faire la guerre pour la paix, ça n’a aucun sens.
      Merci de ton honnêteté et de ton ouverture d’esprit ! 😀

    2. Bonjour, si je peux me permettre : Etre vegan n’est pas un choix alimentaire mais un choix éthique, c’est à dire qu’il implique la vie d’autres êtres (l’adage « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres » résume bien cela). C’est probablement pour ça que certaines personnes peuvent vous paraitre « extrême », car elles sont vivement motivées par un profond désir de justice. J’espère que votre ouverture culinaire pourra s’étendre aux raisons qui nous poussent réellement à devenir vegan, le cas échant je vous encourage vivement à regarder le documentaire « Earthlings » !

  3. Je te comprends tellement ! Et les gens qui font les yeux ronds, ceux qui les lèvent au ciel et d’autres encore qui nous posent des « colles » en nous parlant d’île déserte, d’invasions animales et d’autres situations toutes plus improbables les unes que les autres… sans parler de ceux qui nous répètent régulièrement qu’ils trouvent ça bien triste comme mode de vie même si on leur a déjà expliqué vingt mille fois que c’est bien plus triste de faire souffrir et tuer des êtres vivants qui n’ont rien demandé, qu’on ne vit pas ça comme une privation et qu’on mange beaucoup plus diversifié…

    La plupart du temps, les gens ne se rendent pas compte de la violence impliquée par la consommation d’œufs et de lait donc je comprends mais certains continuent à être agressifs malgré tout.

    Mais je garde espoir parce qu’on parle de plus en plus du véganisme et j’espère donc qu’on apparaîtra moins souvent comme des gens bizarres. Dis-toi que toutes les personnes auxquelles tu expliques le véganisme sont autant de personnes pour lesquelles ce ne sera plus un concept inconnu. 🙂

    1. J’essaye d’expliquer au maximum, mais quand je vois la personne braquée comme pas possible.. j’ai du mal à garder mon calme. Mais j’oublie pas toute les personnes qui m’écoutent et change d’avis sur certaines choses grâce à nos discussions 🙂

  4. Tu décris exactement ce qu’il se passe pour nous végétarien. On ne devrait pas être ceux qui ont besoin de se justifier au contraire…
    Le pire, c’est bien les gens qui parlent de la faim dans le monde.. Parce qu’il faut bien comprendre que l’obtention de protéines animales à partir de protéines végétales a un rendement très faible. Ce qui implique que, pour satisfaire les désirs des consommateurs de viande dans les pays développés, la majorité des terres agricoles dans le monde est de nos jours destinée à nourrir du bétail, alors même qu’une petite portion de ces terres serait largement suffisante pour nourrir directement toute la population mondiale. En plus, comme cette consommation ne cesse de croître, les forêts tropicales (au Brésil, en Argentine et ailleurs) se réduisent actuellement comme peau de chagrin. Ensuite, l’intense activité des fermes d’élevage génère des milliards de tonnes de déchets qui polluent, plus que les autres industries, les sols et les rivières. Il faut également mentionner les grandes quantités de gaz que cette industrie rejette dans l’atmosphère et qui contribuent fortement à la fois aux pluies acides et au réchauffement climatique.
    Je te/vous conseille de lire « Faut-il manger des animaux » de Jonathan foer, végétarien/lien/vegan ou non, ce livre est une perle pour réellement comprendre toute les facettes de l’industrie animale.

  5. Bonjour,
    Couraaaage ! On les connaît ces arguments à deux balles et malgré ça le véganisme avance à grands pas. Souvent sans bruit, mais vraiment à grands pas ! Alors, franchement, y a pas vraiment de problème !

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