Le mythe de la transition

panier_bio_ecolo_insideIl y a un peu plus d’un an, je devenais végane après deux semaines de « transition« . En fait, je faisais tout comme il fallait sauf pour la pizza quatre fromages. Pour être honnête, lorsque j’ai croqué pour la dernière fois dans une part de cette pizza dont je pensais ne jamais pouvoir me passer (j’en mangeais presque une par semaine), j’ai eu la nausée. Pourquoi?
Je savais.
Et en sentant ce goût sur ma langue, j’étais aussi dégoûtée que si je goûtais à du sang de veau. Car au final, les conséquences sont exactement les mêmes. Je voyais les conséquences du produit au moment où je l’avais sous les yeux. Il était évident que je ne pouvais continuer à contribuer à ces horreurs. C’est exactement pour la même raison que je n’ai jamais touché à nouveau à un œuf, a du miel, à de la viande ou à du poisson. Et c’est comme ça que je me suis transformée en véritable scanner à liste d’ingrédients.

J’ai arrêté d’être hypocrite, en fait.

Mais en me baladant sur plusieurs réseaux sociaux, j’ai pu remarquer une espèce de petite guerre entre certains vegans et certains végétariens.
Souvent, ça part d’une image d’un plat, ou d’une image culpabilisante et ce qui suit ressemble à ça :

 » les végétariens sont égoïstes.
– les vegans sont intolérants. »

Les détails, vous les connaissez déjà très bien, puisque vous avez sûrement déjà vu ou eu ce genre de discussions. C’est à ce moment là que les végétariens ont deux choix. Certains vont être honnêtes et dire qu’ils sont égoïstes, et que ton avis, il s’en foutent. Les autres vont sortir la carte de la transition.

La transition, c’est ce moment où tu passe d’un mode alimentaire à un autre tout en douceur. En fait, tu assume, mais à moitié. Tu veux arrêter les produits laitiers, mais tu en mange. Et pareil pour le reste. Tu as vu des poussins se faire broyer, mais tu fais une omelette. Mais c’est pas grave, parce que comme un jour tu ne le fera plus, ça passe. Tu réduis doucement ta consommation comme quelqu’un qui essayerait d’arrêter de fumer. La différence ? Tu n’es pas dépendant aux produits animaux. Tu dois juste t’informer sur les alternatives possibles pour ne pas devoir renoncer à ton confort. Parce que au final, à part quelques exceptions, il s’agit d’une question de confort et de gourmandise.
Par exceptions, j’entends certaines situations qui empêchent la personne de changer. Il peut aussi bien s’agir d’une situation familiale très conflictuelle, qu’un problème de santé qui nécessite une nutrition spécifique sur laquelle il faut bien être informée avant de passer le cap, ou même un TCA (trouble du comportement alimentaire : boulimie, anorexie, hyperphagie,…).
À part ce genre de situations, si vous voulez, vous pouvez. Vous ne voulez pas? Assumez, arrêtez de vous trouver des excuses, regardez earthlings une bonne fois au pire, ça calme.
Alors oui, on sait, parfois, les vegans s’emportent. Ça arrive, nous restons humains. Nous sommes des personnes motivées par la compassion. Parfois quand on essaye d’expliquer et qu’on se retrouve face à un mur, il est difficile de rester calme.
Attention, je ne pense clairement pas que la violence soit une solution. Je fais de mon mieux pour comprendre les gens à qui je parle, ne pas généraliser. Mais lorsqu’une personne a toutes les cartes en mains pour changer et qu’elle refuse parce que « le fromage c’est bon quand même« , il faut pas que je sois de mauvaise humeur. C’est d’ailleurs pour ça que j’évite de lancer le sujet le plus souvent.
Cet article n’a pas pour but de culpabiliser les végétariens, bien entendu. Cependant, ce constat m’a frappé. Ma transition a été rapide et facile. Pourquoi elle serait difficile pour quelqu’un qui est dans une situation aussi confortable que l’était la mienne? Ne cherchez pas à vous justifier lorsque vous n’avez pas d’excuses.
Vous pouvez faire une transition, bien entendu, vous faites ce que vous voulez. Seulement, sachez qu’il n’y a absolument aucune raison purement physique de faire cette transition. Tout est dans la tête.
Je vois la situation de mon point de vue, après une transition courte et facile, et plus d’un an sans craquage. Peut-être que j’ai tout faux, mais dans ce cas, je ne demande qu’à apprendre.

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7 commentaires sur « Le mythe de la transition »

  1. Je vais justement bientôt publier un article sur ma « transition ». Effectivement, tout est dans la tête pour résumer. J’ai lu le livre « Voir son steak comme un animal mort » de Martin Gibert (il faut aussi que j’en parle sur le blog) et il explique justement les processus mis en place par le cerveau pour continuer à aimer les animaux d’un côté et les manger quand même. En étant végétarien, on reste encore un peu enfermé dans ce problème de « dissonance cognitive » même si on a commencé à voir le problème. Il y a beaucoup de facteurs qui entrent en compte comme l’entourage, le milieu professionnel, la facilité à se nourrir en dehors de chez soi… Ce sont des points sur lesquels des associations travaillent d’ailleurs, en rendant accessible la nourriture 100% végétal, on encourage la réduction et l’arrêt de la consommation de produits animaux. Je pense qu’il faut encourager plutôt que blâmer.

    1. Je suis bien d’accord avec toi. Après, cet article est un peu un condensé de mon point de vue par rapport à mon expérience personnelle. Jamais je n’irai accuser un végétarien pour ce qu’il fait puisque c’est déjà une prise de conscience, donc un progrès. J’encourage souvent, et je « laisse tomber » quand je sens qu’il y a trop de mauvaise foi. Heureusement, ça reste assez rare 🙂

  2. Ahah des qu’il y a ce genre de debat je quitte la page, pas envie de m’embeter car dans les 2 positions, chaque groupe pensent avoir raison, c’est comme parler a des murs et je suis du genre a dire « chacun fait ce qu’il veut comme il veut » 🙂 Pour ma part, ce qui a fait que j’ai eu une prise de conscience n’est pas d’avoir lu des articles ou assister a un debat mais bien d’avoir VU des reportages.
    Je suis 100% vegetarienne mais pas encore vegetalienne. Je souhaiterais le devenir mais j’avoue ne pas encore avoir le courage de passer le cap. Pas le courage de cuisiner, penser a l’avance un restau où je pourrais manger quelque chose, pas le courage de gerer les invitations chez les amis etc. Donc pour l’instant j’ai reussi a eliminer fromage/yaourt/creme fraiche/lait etc. a la maison mais le plus embetant reste au restaurant.
    Là j’ai acheté le livre « Vegan for Fit » il y a plein de recette que je veux tester ! Car depuis quelque mois j’ai un degout pour la nourriture « salé », ce que je cuisine ne me convient plus en terme de saveur, je n’ai plus aucun plaisir a manger sauf quand c’est pizza vegetarienne, lol ^_^. J’espere de nouveau aimer manger de bon legumes de nouveau avec ce livre !
    Chacun ses choix et sa façon de faire 🙂 J’admire la tienne en tout cas !

    1. Tu as bien raison, tu t’évite des prises de têtes inutiles et sans fin ! C’est vrai que l’élément social peut faire peur. Après les réactions sont souvent plus positives que celles que l’ont imagine. Les personnes qui invitent à dîner ont souvent dans l’idée de faire plaisir à leurs invités. Surtout si tu parles de ton choix alimentaire positivement, ça devrait bien évoluer 🙂
      Je vais aller regarder, il a l’air vraiment pas mal. Bon courage pour tes futures expérimentations culinaires :p

  3. Dans le global, je suis d’accord avec ton article. En fait, le plus difficile c’est quand on est invité à manger chez quelqu’un. Chez moi, j’ai très vite fait le tri, et puis quand on lâche le lait animal on découvre plein de bons laits végétaux (mentions spéciales à l’amande et la noisette <3), j'ai récemment trouvé des nuggets végétaux au monop le plus proche, les oeufs j'en mangeais pas tellement, le fromage et moi on a jamais été potes et la viande ne me manque pas… Par contre, le père de mon homme fait des gâteaux presque à chaque fois qu'il nous reçoit et j'ai l'impression d'être impolie en refusant d'y toucher 😮 par contre il est adorable, il me fait une assiette de légumes tout spécialement pour moi. Reste plus qu'à lui expliquer que je suis végétalienne et pas végétarienne 😮 (c'est tout récent encore) Mais pour revenir à ce que tu disais au début de ton article, j'ai un peu ressenti la même chose que toi et ta dernière part de pizza au fromage. En fait, lorsque j'ai décidé de cesser les produits laitiers/oeufs, j'avais vu une vidéo de Gary Yourofsky (si tu ne le connais pas déjà, regarde sur youtube, cet homme a une répartie incroyable) et pendant la première semaine, à chaque fois que je passais devant la boîte d'oeufs et la bouteille de lait, j'avais comme la nausée juste en voyant l'emballage. Bon depuis, ça va mieux, je peux passer à côté de quelqu'un qui boît du lait et mange de la viande hein mais je sais que je n'en ferai pas autant 🙂

  4. Bonjour, je suis moi même végétarienne et je trouve ton discours très moralisateur et très peu constructif. Tu as peut être eu une transition très facile mais ce n’est pas forcément le cas de tout le monde et faire passer ça comme une généralité est aberrant. Je ne suis pas forcément un exemple alors oui je suis devenue végétarienne du jour au lendemain mais c’est plus dur d’être vegan (habitant à Tahiti il y a peu de choix de légumes et les carrances sont vite arrivées) et tu ne peux pas faire de généralité pour ce qui est ton cas, d’autres gens ont peut être plus de mal.. Personnellement j’ai été élevé en mangeant de la viande ça a été mon quotidien pendant 17 ans et je ne vais pas te mentir c’est quelque chose que j’apprécie pourtant j’ai décidé de changer mon mode de vie, ma façon de penser parce que je ne pouvais plus supporter d’être responsable d’un massacre (et ne me dis pas que parce que je ne suis « que » végétarienne j’y participe en mangeant du fromage de temps en temps et en acceptant de mettre des oeufs dans mes gateaux ou de manger un peu de crème, oui j’y participe c’est vrai mais j’ai quand même réduit ma consommation et j’ai conscience de ce que je fais, je sais que c’est mal mais après lorsque je suis devant un bon gâteau je n’ai pas forcément les images terribles de la maltraitance animale). Et il m’arrive aussi parfois d’éprouver de l’envie quand je vois quelqu’un manger un steak à côté de moi, ça ne veut pas forcément dire que je vais en manger et que je ne sais pas ce qu’il y a derrière mais je n’éprouve pas le dégoût dont tu parles. Et je pense que beaucoup de gens sont dans mon cas, vegans et végétariens. Pour la plupart nous avons été élevé en mangeant de la viande (et d’après ce que j’ai compris c’est également ton cas) et nous assimilons parfois ça à du plaisir, et c’est une question de volonté et de force de refuser de manger de la viande. Je trouve que tu es agressive dans tes propos envers les gens qui sont végétariens alors que c’est déjà une très bonne chose qu’ils aient arrêté de manger de la viande, ça sauve déjà beaucoup de vie et il peut leur être nécessaire d’avoir une transition avant de passer le cap d’être vegan, ça ne veut pas dire qu’ils n’en ont pas envie ça veut dire qu’ils ont des raisons (morales, physiques, matériels, familiales tout ce que tu veux) de ne pas le faire et ils ont déjà fais un pas, une action pour sauver des animaux. C’est déjà bien et je pense que c’est à cause de gens aussi agressifs que toi dans leurs propos que les gens n’osent pas devenir « juste » végétariens, ou que lorsque l’on dit que l’on est végétarien en passe d’être vegan, ou qu’on est vegan le regard des gens changent et qu’ils se mettent sur la défensive de peur d’être agressés parce qu’ils mangent encore de la viande. Ce sont nos choix et nous ne pouvons pas les imposer à tout le monde, alors certes c’est bien dommage que tout le monde ne les suive pas mais ça reste leur choix. Tu n’as pas toujours été végan que je sache ? Tu as mis le temps qu’il te fallait avant de passer le cap et tu ne devrais pas juger ceux qui mettent plus de temps que toi pour le passer ou qui ne l’ont pas encore fait. De plus tu juges les végétariens mais peut être que certains végans ont été végétariens avant de faire la transition pendant que toi tu mangeais encore de la viande. Alors dis moi qu’est ce qui est le pire au niveau écologique et éthique : quelqu’un qui mange de la viande, oeuf, lait.. ou quelqu’un qui ne mange plus de viandes ni de poissons pendant la même période et tous les deux deviennent végans en même temps ?
    Voilà je ne cherche pas à t’agresser ce n’est pas mon intention et je ne veux pas te vexer mais je veux juste te faire comprendre que tu es dure et que ce n’est peut être pas la bonne solution, parce que peut être que tes gens qui sont prêt à être végétariens mais pas végans tomberont sur ton site et feront marche arrière, ou peut être que des végétariens comme moi à qui il faut une transition mais qui réfléchissent sérieusement à devenir végans se sentiront agressés. Voilà à bon entendeur.

    1. Bonjour Juliette,
      En effet, j’ai omis de préciser que dans certaines régions du monde l’accès à certains produits est plus compliqué, et je le place avec les problèmes « valables » que j’ai évoqué dans l’article.
      Si tu ne vois pas le dégoût, peut-être est-ce parce que tu n’as pas vu autant de vidéos que moi. Voir les animaux se faire massacrer sans aucune considération, et savoir que ce qui se trouve dans mon assiette résulte de ça, ça me dégoûte, et j’ai très vite fait le lien.
      Je ne pense pas être agressive, je précise bien en bas de l’article que chacun fait comme il veut mais ce qui m’agace, c’est l’hypocrisie souvent cachée derrière cet argument.
      Alors oui, c’est leur choix, mais c’est un choix qui a un impact sur la vie des animaux, c’est pas un choix anodin comme choisir entre deux chemises le matin.
      Le végétarisme a autant d’impact que l’omnivorisme dans les faits. Les animaux sont tués dans les deux cas.
      J’ai beaucoup plus de retombées positives que négatives sur mon discours, contrairement à ce que tu as l’air de penser. Certaines personnes ont besoin de douceur et de pédagogie, mais d’autres ont besoin d’être secoués, et ce genre d’article les aide à passer le cap en se rendant compte du manque de logique de leur raisonnement. Ne pas changer parce que tel ou tel personne a un discours « agressif », je suis désolée mais pour moi ça s’appelle de la mauvaise foi. Lorsqu’on veut vraiment faire bouger les choses, on agi, même si une personne est désagréable avec nous. J’ai aidé pas mal de personnes à passer d’omni à végane, et ça s’est toujours très bien passé.

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