Pour un débat constructif (Carnistes vs. Véganes)

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Dans un article précédent, je poussais un coup de gueule contre les remarques que les végétariens, végétaliens et véganes se prennent souvent, parfois même sans avoir besoin de dire un mot. J’avais mis de côté un aspect très important de ce genre de débats volontairement dans l’idée de l’expliquer plus en détails plus tard.

Ce n’est pas un secret, un conflit se construit à deux. Les remarques désobligeantes ne peuvent amorcer un conflit que si vous vous braquez.

Ce que dit la personne vous paraît stupide ? Déplacé ? Méchant ?

Dans ce genre de cas, on a tendance à répondre de façon agressive puisque l‘on se sent attaqué (parfois à juste titre, mais laissons ça de côté). Du coup, la conversation part en dispute, les deux camps se braquent, persuadés d’avoir raison et le débat se termine sans que personne n’apprenne rien.

Le problème ? Après ça, on ne vous prend plus au sérieux. Vous passerez pour l’hystérique de service et on vous dira que vous êtes « extrémiste ». Vous risquez de perdre des amis, de vous éloigner de votre famille ou même de vous retrouver sur les nerfs après vous être fait insulter de tous les noms par un inconnu sur internet qui a eu le malheur de commenter « Nan mé nimporte quoi, on peu pa vivre san viande. Vous allé mourir de carrances » sur une photo qui mettait en évidence le fait que, justement, on peut vivre sans tuer.  C’est exactement l’inverse de ce que l’on souhaite.

Ce que l’on cherche en postant ce genre de photos, c’est à aider les gens à ouvrir les yeux ou au moins de leur faire comprendre notre point de vue.  Pas se ridiculiser et desservir la cause.

Dans cet article, je vais expliquer ce qui, selon mon expérience et mes observations, crée un débat sain et constructif qui peut, dans le meilleur des cas, amener la personne à devenir végane.

  • Ne pas s’énerver : quoi qu’ai dit la personne, restez calme. On est beaucoup mieux écouté lorsque l’on parle à un rythme compréhensible et à un volume agréable. Les insultes ou moqueries braqueront directement votre interlocuteur, et elles arrivent très vite lorsque l’on est énervé.
  •  Bien construire ce que l’on va dire : Par écrit, c’est assez simple, respirez un bon coup et expliquez vos arguments un par un sans pour autant changer de sujet. Il s’agit de démontrer que ce que vous dîtes a une logique et est pertinent.
  • Ne pas être hautain/e : Ce n’est pas toujours facile quand on a l’impression d’avoir plus de connaissances que la personne à qui l’on parle. Pourtant, il faut toujours garder en tête que le but est d’éduquer, pas de sermonner ou ridiculiser la personne. Si vous sentez que la personne se sent rabaissée, dîtes lui clairement « je ne te prends pas pour un/e imbécile« , souvent ça relève le niveau du débat.
  • Bien répondre à toutes les questions : Ne passez pas à côté de certaines questions simplement parce qu’elles vous paraissent évidentes ou, au contraire, trop compliquées. Votre discours paraîtrait trop simple si vous sélectionnez ce à quoi vous voulez répondre ou non.
  • Admettez si vous ne savez pas / êtes en tords : Vous n’aurez jamais raison sur tout, et il y a toujours des choses que vous ignorez. Plutôt que de rester borné, il faut admettre nos erreurs et se renseigner pour vraiment les corriger. De plus, cela vous servira pour les prochains débats.
  • Sachez lâcher prise : Si la personne se montre toujours trop têtue ou agressive, laissez tomber. Perdre son temps dans ce genre de situation est inutile. Le maximum que vous puissiez faire est de planter une graine dans l’esprit de votre interlocuteur, libre à eux de la faire grandir ou non.

J’espère que ces quelques règles vous aiderons à rendre vos débats plus agréables et constructifs. Si vous ne pouvez pas contrôler l’autre, vous pouvez contrôler votre façon d’y réagir pour éviter d’envenimer la discussion.

Ah, et j’oubliais, bon courage ! Parce que je sais à quel point ça peut être fatiguant de se faire embarquer dans un débat dont on ne voit pas la fin, mais dites-vous bien que des fois…  ça marche !

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Le festival de l’hypocrisie

Comme vous le savez sûrement avec le bordel que cet événement a foutu sur Facebook, le Festival de Yulin a eu lieu il y a quelques semaines. On a eu le droit aux réactions de personnes scandalisés, aux images atroces et aux pétitions en tous genres (et on évitera de mettre en avant tous les commentaires racistes qu’on a pu voir défiler).  Donc, on voit tout le monde s’indigner parce que les chinois mangent du chien, et le torture au préalable.

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Cages en direction du Festival

Alors, que les choses soient claires, je suis aussi contre ce festival, je le trouve inhumain et les images me font aussi bien mal au cœur.  Pourtant, j’ai du mal à comprendre tout ce bruit autour de ça dans un pays où la corrida est encore considérée comme une tradition et acceptée. Donc on peut torturer un taureau, mais pas un chien? Deux animaux qui ressentent la douleur exactement de la même façon ne sont pas mit sur un pied d’égalité en ce qui concerne la compassion. Si quelqu’un a une explication logique à ça, je veux bien l’écouter, parce que j’aimerai beaucoup comprendre.

Torture et spectacle, la ressemblance est tout de même frappante.
Torture et spectacle, la ressemblance est tout de même frappante.

La séparation entre animaux domestiques et « les autres » n’est pas un argument recevable, tout animal peut devenir un ami de l’homme si on lui donne de l’affection et du respect. L’habitude ne justifie pas non plus une conduite morale, sinon notre société n’aurait jamais évolué.

Que quelqu’un s’intéresse à la cause animale est une bonne chose en soi, ça signifie que cette personne sait qu’il n’est pas acceptable de torturer un animal pour le plaisir.

Une petite fille et son ami à quatre pattes.
Une petite fille et son ami à quatre pattes.

Votre assiette fait partie de ces plaisirs. Vos œufs ont causé le broyage vivant de poussins mâle quelques heures après leur naissance. Votre lait a envoyé un veau à l’abattoir. Votre viande a causé la mort d’un animal sensible. Lorsque votre propre comportement provoque de la souffrance animale, est-il vraiment logique de faire des textes pour insulter les chinois sur leurs propres traditions? De signer des pétitions?

Alors oui, vous ne savez sûrement pas tout. 

Il est temps de vous renseigner sur les conséquences de votre alimentation pour vous apercevoir que le festival de Yulin est seulement une souffrance qui s’ajoute à celle que vous créez chaque jour, juste une violence de plus envers les animaux. La différence? Vous avez le pouvoir de changer immédiatement le contenu de vos assiettes pour agir concrètement. Exclure les animaux de votre alimentation sauvera plus d’animaux que signer une pétition pour arrêter le massacre à l’autre bout du monde (même si le mieux reste de faire les deux). Si vous aimez vraiment les animaux, vous le ferez.

Si vous êtes contre le festival de Yulin, vous êtes soit d’accord avec le veganisme, soit hypocrite.

Mes carences de patience.

Après presque 8 mois de véganisme, je dois vous faire une annonce difficile, je craque. Alors non, je n’ai pas acheté un produit animal par grand manque du goût de chair et de sécrétions (d’ailleurs, dit avec de vrais mots, ça donne pas super faim), je n’ai pas non plus torturé un chaton pour me défouler, je n’ai pas ressenti le besoin de monter sur le dos d’un animal pour le réduire à l’état de moyen de locomotion, et je ne suis pas allé au zoo pour me réjouir de la captivité d’innocents.
En fait, je craque socialement. Les gens me fatiguent. Alors, oui, je sais, je ne fais pas tout comme tout le monde, et je comprends la curiosité et l’incompréhension. Je suis moi aussi humaine, donc la réaction face à l’inconnu n’est en aucun cas un problème. Je ne me vexe pas, je réponds aux questions poliment, j’aime informer et partager. Par contre, devoir me justifier en permanence, ça, c’est plus possible. Faire face à la mauvaise foi, aux moqueries, et surtout à l’ignorance, ça devient plus que lourd.
Si vous êtes végés, vous savez de quel genre de personnes je parle. La personne qui vous demande de justifier votre compassion (en se permettant en plus de faire semblant de s’y connaître en histoire et en nutrition). Cette autre personne qui vous regarde avec pitié et qui vous lâche un « je ne pourrais jamais être végétarien » (je ne t’ai jamais rien demandé, vraiment). On ajoute aussi ceux qui rient, ceux qui disent que « ça sert à rien », qui te disent qu’il y a « des choses plus importantes » (les enfants qui meurent de faim, par exemple, parce que eux qui ne font rien pour personne se permettent de te dire que t’es égoïste de penser qu’aux animaux), que « les légumes sont aussi des êtres vivants » (Sérieusement ?!), et ceux qui te prédisent une mort prochaine. Sans oublier que toutes les personnes que tu croises mangent bio ou local, et connaissent un éleveur gentil (oui, oui, ceux que retrouves une semaine après au supermarché du coin au rayon plats préparés).

A chaque repas avec une nouvelle personne, j’y ai droit.

Le pire, c’est que si je refuse de m’expliquer, ces personnes vont se dire que je m’incline devant leurs arguments à deux balles. C’est si difficile de comprendre que je veux manger mes légumes en paix ? Surtout si c’est pour parler à un mur. Je sais que les gens qui me posent ces questions ont juste envie de me poser une colle, à part certaines exceptions (le bien que ça fait de tomber sur quelqu’un qui écoute réellement mes arguments…) mais j’ai bien bossé mon sujet. Sinon je n’en serais pas là. Vous iriez demander à quelqu’un qui fait de l’humanitaire pourquoi il le fait ? Vous iriez arrêter quelqu’un qui donne à un sdf dans la rue pour qu’il se justifie ? C’est si difficile de voir une logique dans l’envie de causer le moins de souffrance possible ?

Je n’ai pas envie qu’un animal souffre pour moi.

Alors une bonne fois pour toute : la viande ne me manque pas, je ne mange pas de poisson, je vis très bien sans fromage, les œufs sont des ovules et ça me dégoûte, le maquillage végan n’est pas un mythe, je ne porte pas de cuir, ni de fourrure, l’industrie de la laine est cruelle, le miel c’est du vomi d’abeille, les zoos et les cirques me dégoûtent, l’équitation n’est pas un sport mais de l’exploitation, je n’ai aucune carence, et j’aime la bouffe plus que tout. Je ne suis pas parfaite, mais je fais le maximum.

Et, par pitié, ne venez pas me dire que vous aimez les animaux si vous contribuez à leur exploitation. J’aurai peur que vous m’aimiez.

Questions simples, vraies réponses.

Souvent, quand on me pose des questions sur mon mode de vie, j’abrège mes réponses pour éviter d’ennuyer la personne en face de moi. Je fais au plus simple : « raisons éthiques », « je ne mange pas de souffrance animale », « non pas de poisson », … En fait, j’ai remarqué que dès lors que ce que je dis deviens trop poussé, les gens n’écoutent plus. Et peut-être même qu’à la base leur question était plus pour essayer de me coincer que pour vraiment avoir une réponse. Mais dans le doute, si il y a des gens que ça intéresse, je vais répondre à tout ici, de manière claire et détaillée.

VEGAN, C’EST QUOI?

Être végane, c’est refuser  toute sorte d’exploitation animale : viande, poisson, produits laitiers, œufs, produits provenant des ruches, cuir, soie, fourrure, cirques, zoos, élevages, équitations,…

POURQUOI JE LE SUIS DEVENUE?

Que les choses soient claires, tout ce qui est cité ici fait, d’une façon ou d’une autre souffrir un animal. Je pense que la seule façon de voir de vos propres yeux ce qui m’a fait faire ce choix est de regarder Earthlings. Alors oui, ça fait mal, on veut stopper la vidéo toute les 2 minutes et on voit, à peine l’écran avec nos petits yeux tout embués.. Mais au final, c’est comme ça qu’on prend conscience de la réalité. On va quand même éviter de la regarder avec les enfants, l’ambiance est pas très familiale. J’ai aussi regardé le discours de Gary Yourofsky. Moins d’images choquantes, et un discours très construit.

Grâce à ces vidéos, je me suis rendue compte que ma vie n’était pas en accord avec mes principes. J’ai ouvert les yeux sur ce que l’on appelle le spécisme ( : discrimination par rapport à l’espèce) et j’ai compris que je ne pouvais plus participer à ça.

MAIS ALORS, QU’EST-CE QUE JE MANGE?

Les gens qui me posent cette question voient d’abord la privation avant de penser à ce qu’il me reste. Je mange des fruits, des légumes, des féculents, des légumineuses et des céréales. Dans tout ça, il y a largement plus de choix que dans la viande, les produits laitiers et des œufs. Et.. Qui n’en mange pas?

Après, il ne faut pas oublier que tout les produits laitiers, sans exceptions, ont des substituts faits à partir de plantes. Oui, même le fromage.

Et le pain c’est végane, même le pain à hamburgers, sans oublier la pâte à pizza, et les oréos.

« aha, les véganes ne mangent que de la nourriture pour lapins ! »

ET LES CARENCES?

Bon, j’ai souvent mes résultats de prise de sang pas loin pour les sortir en cas de questions. Encore une fois, c’est trop peu, mais c’est rapide et une fois que j’ai montré la preuve, je suis tranquille.

Les résultats positifs, c’est bien, mais faut aussi comprendre d’où ça vient. Pour les protéines, j’ai déjà fait un article (ici), mais il reste la question du calcium, de la vitamine D, des oméga 3, de la vitamine B12 et du fer.

Le calcium se trouve majoritairement dans l’eau. Il faut vérifier sur les bouteilles, mais avec 2 litres de contrex par jour, vous avez 100% des besoins en calcium de la journée. Il se trouve aussi dans beaucoup de végétaux.
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La vitamine D est synthétisée par le corps humain au contact du soleil, mais on peut également la trouver dans des produits enrichis.

Les omégas 3 se trouvent dans les huiles végétales et dans les oléagineux.

La vitamine B12 n’existe dans aucun végétaux, mais elle peut être de synthèse. On la trouve alors en comprimés ou dans des produits enrichis (pas difficiles à trouver, il suffit de prendre des corn-flakes), il faut prendre trois portions de produits enrichis par jour pour empêcher les carences.

Le fer, lui aussi se trouve dans les végétaux et doit être associé à la vitamine C pour une absorption idéale.

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Donc non, je n’ai pas de carences.

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« Tu ne manges pas de feuilles!? Mais où est-ce que tu trouve des protéines!? »

ET LES PLANTES?

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Chaque jour, des milliers de plantes innocentes sont tuées par les végétariens, aidez nous à arrêter cette violence.

Hé, la vache que tu manges, elle a mangé quoi pour grossir comme ça? Des cailloux? Les trois quart des agricultures du monde sont destinées à nourrir du bétail. Tu te soucies vraiment de la souffrance des plantes? Manges les directement, tu en tueras moins.

D’AUTRES QUESTIONS? 

Vous pouvez les poster en commentaires, sur ma page facebook ou sur mon instagram (@theveganister) , j’y répondrais dans un prochain Q&A.

Végé petit bugdet : Les six astuces qui sauvent

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1. Achetez les légumineuses et féculents en gros

Le riz, les lentilles, les pâtes, les haricots, et autres sont des aliments secs. On peut donc les trouver en grande quantité dans les petites épiceries ou dans les rayons « produits du monde » de certaines grandes surface. Le coût paraît plus élevé sur le ticket de caisse, mais vos provisions vont durer dans le temps, et vous éviter de trop dépenser à chaque fois pour des petits paquets.

2. Achetez vos légumes et fruits chez des producteurs locaux

Et devenez ami avec ! Vous pourrez avoir des fruits et légumes de qualité, à un prix peu élevé et ça ne peut être que bénéfique pour vous socialement. En plus, vous mangerez de saison sans avoir vraiment à vous en préoccuper. Et puis.. C’est quand même plus agréable que de rester enfermé à la grande surface du coin.

3. Faîtes pousser !

C’est économique ET agréable. Vous n’aurez plus qu’à cueillir pour cuisiner. Ça prend plus de temps que de les prendre en rayon, mais au moins, vous êtes sûrs de ce que vous avez dans l’assiette. Sans oublier que ça amènera un peu de verdure dans votre quotidien, et ça, c’est toujours agréable. Pas de place? Vous pouvez toujours acheter des petits pots d’herbes aromatiques, c’est déjà ça de gagné.

4. Troquez

Si vous faites pousser, ou avez des choses dont vous voulez vous débarrasser, c’est le plus simple à faire. Vous donnez le surplus, et récupérez ce dont vous avez besoin. On peut aussi donner son temps contre des biens, arrangez vous pour que ce soit des légumes (On va éviter l’aide au devoir du fils de boucher, vous risqueriez des mauvaises surprises).

5. Bannissez les produits tout faits

Cuisinez tout vous-même. Il y a des recettes pour tout sur le net : Tofu, Seitan, laits végétaux, muffins, steaks végétaux… En magasin, ces produits coûtent beaucoup plus cher que si vous les préparez vous-même.  Ce sera d’autant plus agréable de déguster vos propres créations !

6. Congelez

Les produits frais ont tendance à se gâter très vite, n’hésitez pas à couper vos fruits et légumes et à les mettre au congélateur. Vous pourrez en plus les mixer dès la sortie du congélateur pour faire des sorbets rapidement.